Mon univers de travail ressemble généralement, par aventure d'expression, à un espace de combats complices. Tout ce que je contemple finit par devenir des sentiers, et par la suite un sentier de repli stratégique pour poursuivre le combat. Comme un muséologue consignant la place aux statuettes qui viennent d’entrer fraichement dans son musée, tout commence subitement, d’abord, par mon carnet de notes qui se précipite pour s’ouvrir m’indiquant gentiment la page réservée à l’histoire de chaque scène du combat en vue. Ensuite, mon stylo, comme un illustrateur automatique, le photographe des grands événements, s’agite et saute sur l’occasion pour en faire l’esquisse. Connaissant la complicité entre ces deux compagnons de lutte et ma table, que nous appelons dans notre jargon le serviteur soumis, je n’ai plus qu’à faire un petit tour aux toilettes et, au retour, le trio est déjà prêt, m’attendant impatiemment. Ils m’offrent déjà un spectacle unique, dans un décor splendide qui quintuple davantage mon potentiel imaginatif et où j’entends avec insistance une toute petite voix douce qui me dit: « vide tout ici ! » Il ne me reste plus qu’à rêver… Enfin, le combat finit toujours dans la joie, sans effusion de sang ni perte en vie humaine. Au contraire, il y a toujours plutôt beaucoup d’exploits humains, beaucoup de légendes vivantes qui en émergent, beaucoup de mariages et surtout beaucoup de bébés, dans le bonheur.
« Les grandes choses, on les fait très souvent avec rien, quoiqu’elles prennent très souvent un peu plus de temps. »

L'imagination est plus importante que la connaissance.